02 mai 2011

Droit au vélo à Lille ?

Il est évident que la cohabitation est difficile entre le vélo et la voiture mais l'expérience aux Pays-Bas et au Danemark montre que l'augmentation du nombre des cyclistes a un effet positif par rapport à la sécurité: les chauffeurs les respectent plus naturellement et s'habituent à anticiper.

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La Mairie de Lille se vante de ses 450 km de pistes cyclables, mais malheureusement la plupart sont des simples bandes cyclables sur la chaussée qui ne protège pas complètement le cycliste. Il faut rappeler que cet hiver, il y a eu deux accidents mortels de cyclistes sur Lille, dans le premier cas un à cause d’un poids-lourd et dans le deuxième d’un bus.



Faire de Lille, une ville moins polluée, calme, sécurisée, est-ce un objectif de développement urbain ?


« Son avenir, ça sera comme les centres-ville des villes comme Gand, Amsterdam, Copenhague où la part de piétons, vélos, transport en commun est majoritaire » estime Guillaume, un des bénévoles de l'Association pour le Droit au Vélo (ADAV), lors de l’atelier de réparation de vélo, devenu traditionnel sur Lille. Le prochain aura lieu samedi 7 mai, à la MRES, 23 rue Gosselet, de 10h à 12h, où chacun peut réparer son vélo avec l'aide des mécanos expérimentés de l'ADAV. « Le vélo c'est bon pour plein de choses: la santé, le porte-feuille » ajoute Guillaume qui rappelle que « la voiture est un gros forfait financier pour les gens, à posséder, pour les frais de parking, d'entretien, d'assurance etc. ».
L'ADAV fêtera en 2012 ses 30 ans et compte 1500 adhérents.
http://www.droitauvelo.org/

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Cependant, existe-t-il l'infrastructure pour circuler facilement en ville?


« A l'heure actuelle les parcours, les bandes cyclables n’existent pas partout, elles ne sont pas continues, il n’y a pas de fléchage. L'entretien se fait sur la route, mais pas sur les pistes cyclables. Quand il neige en hiver, on déneige les routes et la neige se retrouve sur les pistes cyclables », répond Guillaume qui avoue « qu'il y a du boulot encore, il faudra des années pour que les mentalités changent et de la volonté politique ». Il donne l'exemple de Londres où le maire a pris la décision d'interdire l'accès au centre-ville des voitures et de mettre un péage urbain, « dans ce cas, une décision politique qui est prise, devient le pacte de tout le monde ».

« C'est désagréable pour un cycliste de rouler à côté d’une voiture et c'est dangereux, question de vitesse, 40-50 km en ville pour les voitures et 15-20 km pour les vélos. La logique serait de partager l'espace mais là ça l'espace est radicalement pris par les voitures, la cohabitation vélo-voiture est impossible ». Guillaume anticipe que l'utilisation d'une voiture deviendra de plus en plus chère à cause de la pénurie de pétrole.
« L'idéal ça serait qu'on puisse restreindre uniquement l'accès aux voitures en ville aux véhicules de service, de livraisons, d'urgence etc. ; qu'on puisse vraiment renverser la tendance, c'est-à-dire que les usagers des vélos soient majoritaires et que la place des voitures devienne anecdotique, en tout cas en ville, parce que l'usage d'une voiture n’est pas justifiée pour des petits déplacements qui font en général moins de 2-3 km ».

Dans ce but, un vrai travail en commun entre les associations et les collectivités est mis en œuvre, Guillaume conclut: « Il y a de la volonté de la part de la Mairie, c'est à nous d'être prêt à se mettre ou à se remettre en selle. »

Siméon Manoloff, étudiant Erasmus.

Commentaires

Deux nouveaux articles, c'est impressionant! Merci de t'être occupé des vélos sur Lille :-)
Bonne semaine de Cologne, Philipp.

Écrit par : Philipp | 02 mai 2011

Bonjour,

merci pour votre apport sur ce thème. Votre approche est la bonne et j'espère que l'on verra encore plus de cyclistes sur nos routes. Bonne journée.

Fabienne

Écrit par : Fabienne | 10 janvier 2012

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